Plusieurs transformations importantes se dessinent au sein du Groupe Airbus. Certaines concernent directement l’organisation du travail, la rémunération, l’intéressement ou encore l’avenir des activités spatiales. Voici ce qu’il faut retenir des derniers échanges au niveau du Groupe Airbus en France.
Airbus et MTU accélèrent sur la propulsion hydrogène
Une nouvelle coentreprise doit accompagner le programme ZEROe.
Airbus prévoit de créer avec la société européenne MTU une coentreprise spécialisée dans les systèmes de propulsion à l’hydrogène et le programme ZEROe.
Cette nouvelle structure sera implantée à Toulouse et en Allemagne. Elle devrait fonctionner selon un modèle proche de celui d’une start-up, avec un siège social situé en Allemagne.
Des transferts fondés sur le volontariat
Les transferts de salariés doivent intervenir sur la base du volontariat. Une possibilité de retour est également annoncée pour les salariés qui rejoindraient cette nouvelle structure.
FO a interrogé la Direction sur la future répartition des activités entre Toulouse et l’Allemagne, ainsi que sur la possibilité que la future usine de moteurs participe également à l’assemblage de l’avion.
À ce stade, la Direction considère qu’il est encore trop tôt pour préciser cette organisation industrielle.
Une activité commerciale soutenue, mais des livraisons sous tension
Airbus doit désormais transformer son carnet de commandes en avions livrés.
Après un premier trimestre difficile, le rythme des livraisons s’est accéléré au deuxième trimestre. Le niveau atteint reste néanmoins légèrement inférieur à l’objectif prévu.
Le 30 juin, Airbus a réalisé un record de 19 avions livrés en une seule journée. L’objectif est désormais d’atteindre un rythme régulier de cinq à six livraisons quotidiennes.
Les principaux défis industriels
- Augmenter les rythmes de production et de livraison.
- Trouver suffisamment de créneaux pour les nouveaux clients.
- Renforcer les capacités de développement.
- Mobiliser pleinement les fonctions support.
Une organisation du travail plus directe
Airbus souhaite accélérer la prise de décision en organisant moins de réunions purement informatives et davantage de réunions ciblées associant directement les décideurs.
L’objectif affiché est aussi de redonner davantage de temps aux équipes, avec notamment l’exemple de jeudis après-midi sans réunion.
Airbus indique également vouloir renforcer ses capacités de développement, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Télétravail : une clarification attendue
Davantage de présence souhaitée, mais dans le respect des accords existants.
Face aux réactions provoquées par les dernières communications sur le travail hybride, le CEO a précisé sa vision. Airbus souhaite préserver la dynamique collective et renforcer la présence sur site.
La Direction met notamment en avant la transmission des savoirs, alors qu’environ un tiers des salariés du Groupe ont moins de trois ans d’ancienneté dans l’entreprise.
Les accords restent applicables
L’évolution souhaitée par Airbus devra respecter les accords actuellement en vigueur.
Jusqu’à deux jours
Les accords permettent jusqu’à deux jours de télétravail en moyenne, calculés sur une période d’un mois.
Le rôle du manager demeure
Les managers conserveront la responsabilité d’organiser le télétravail au sein de leurs équipes.
La Direction France a confirmé l’intégralité des échanges intervenus lors du SE-WC du 7 juillet 2026.
Une note de clarification doit être diffusée dans les prochains jours. FO restera attentive à son contenu et à sa déclinaison concrète dans les équipes.
Vers une refonte de la part variable des cadres supérieurs
Le projet concerne d’abord les Band IV – H16.
Airbus souhaite dissocier davantage la réalisation des objectifs professionnels du calcul du bonus individuel.
La réalisation des objectifs serait davantage intégrée aux échanges portant sur le développement professionnel et la formation. Le bonus dépendrait, lui, des résultats collectifs du Groupe et de la division.
Environ 35 000 salariés en France sont aujourd’hui éligibles à une part variable.
Répartition actuelle
- 20 % liés à la performance du Groupe.
- 20 % liés à la performance de la division.
- 60 % reposant sur une base individuelle.
Répartition envisagée
- 25 % liés à la performance du Groupe.
- 25 % liés à la performance de la division.
- 50 % liés aux objectifs commerciaux de la division.
Structure envisagée
Le modèle présenté reposerait sur un salaire de base augmenté de 5 %, complété par un STI de 20 %, ou Short Term Incentive.
Cette part deviendrait entièrement collective, avec une variation possible comprise entre 0 et 200 %.
- 25 % Groupe
EBIT, FCF, FR1 et consommation d’eau. - 25 % Division
EBIT, FCF, FR1 et consommation d’eau. - 50 % Division
Objectifs commerciaux.
Une négociation européenne est annoncée à la rentrée. Le même modèle devrait ensuite être proposé aux salariés Band V, de F11 à H15, avec des négociations nationales portant sur les modalités de distribution.
L’intéressement doit également évoluer
Airbus annonce une négociation européenne à compter de septembre.
Aujourd’hui
Le calcul repose sur trois enveloppes distinctes :
- les résultats économiques consolidés du Groupe ;
- les résultats économiques de la division ;
- les performances opérationnelles.
À l’avenir
Airbus envisage un système présenté comme plus simple et plus transparent, fondé sur des objectifs concrets reflétant la tendance des résultats collectifs.
Ce qui doit rester inchangé
- Les règles relatives aux salariés éligibles.
- Le principe « We are one ».
- Un système transnational déployé dans plus de trente pays.
Bromo : des garanties importantes obtenues pour les salariés
Le projet doit regrouper une partie des activités spatiales européennes.
Le projet Bromo est présenté comme un moyen d’accélérer le leadership et l’autonomie de l’Europe dans le domaine spatial.
L’objectif est de disposer d’un ensemble plus compétitif face aux trois principaux concurrents américains, dont chacun réalise entre 8 et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Bromo doit permettre de renforcer les capacités d’investissement et d’innovation afin de positionner l’Europe parmi les leaders mondiaux du spatial.
Les principaux leviers identifiés
- Les achats.
- La gestion des programmes.
- L’ingénierie.
- La fabrication.
- La maîtrise des coûts.
Le plan de croissance pourrait créer de nouvelles opportunités pour les salariés. La Direction évoque une mise en œuvre prudente des synergies, mais également de possibles besoins de recrutement pour atteindre la trajectoire de chiffre d’affaires.
Des accords de services, ou SLA, devraient continuer à exister entre Airbus et la future structure Bromo.
Le calendrier prévisionnel
À ce stade, aucune modification des contrats de travail ne devrait être nécessaire.
Des avancées directement liées aux revendications de FO
À la suite des revendications portées par FO depuis la fin de l’année 2025, notamment au Comité Groupe Airbus France, la Direction annonce que la mobilité entre Bromo et les entités d’origine restera possible.
Mobilité sécurisée
- Pas de nouvelle période d’essai.
- Reprise de l’ancienneté.
- Mobilités comparables à celles existant avec ArianeGroup ou MBDA.
Maintien des garanties collectives
- Transposition des accords Groupe.
- Maintien du statut social pendant la phase de négociation.
- Création d’instances représentatives en France et en Europe.
Nous saluons ces décisions, très attendues par les salariés. Elles répondent à des revendications portées avec constance par FO.
FO a également obtenu la garantie qu’une information serait présentée au Comité Groupe Airbus France à chaque étape du processus.
Ces annonces constituent des avancées importantes. Elles devront cependant être traduites concrètement dans les accords, les procédures de mobilité et le fonctionnement de la future entité.
FO restera mobilisée tout au long de la transformation pour défendre les intérêts, les droits et les perspectives professionnelles des salariés.
Digital et intelligence artificielle : le débat est reporté
Un Comité Groupe Airbus France extraordinaire est annoncé.
Le point prévu sur les activités Digital et Intelligence artificielle n’a pas été traité lors de cette réunion.
SEPT.
Il est reporté à un Comité Groupe Airbus France extraordinaire organisé le 3 septembre 2026.


