Airbus Espagne #2 : COMO EL AGUA

Rédigé le 05/10/2026
Gregory Vernon

2 octobre 2026
Coordination Airbus Group

Retrouver le tract #1:  ici

Le dialogue reprend enfin son cours

Après plusieurs semaines de tensions, onze jours de grève totale et deux projets d’accord rejetés, Airbus et quatre organisations syndicales espagnoles ATP, CCOO, SIPA et UGT sont parvenues, le 4 septembre, à une nouvelle proposition d’accord.

FO salue cette avancée, obtenue sous l’égide du gouvernement espagnol et avec l’intervention directe du ministre de l’Industrie et du CEO d’Airbus.

Cet accord a été validé par 76,76 % des salariés, avec un taux de participation de 87 %, conformément aux règles démocratiques espagnoles.

Des avancées concrètes !

Cet accord engage l’entreprise à compenser l’inflation réelle et à restituer progressivement les 7,95 % de pouvoir d’achat perdus depuis cinq ans, sur une période de quatre ans.

Rattrapage du pouvoir d’achat

Janvier 2026
Inflation réelle + 2 %
Janvier 2027
Inflation réelle + 2 %
Avril 2028
Inflation réelle + 2 %
Avril 2029
Inflation réelle + 1,95 %

En complément, une enveloppe annuelle de 0,5 % pour les augmentations individuelles et une autre de 0,5 % pour les promotions sont prévues.

2 000 €
de prime brute exceptionnelle

versée en octobre 2026

Cette prime vise à compenser l’échelonnement du rattrapage des 7,95 % d’inflation sur quatre ans, ainsi que le glissement de janvier à avril de l’application des augmentations à compter de 2028.

Des avancées sur les conditions de travail

Cet accord acte également plusieurs avancées :

  • le maintien de l’accord télétravail ;
  • davantage de souplesse dans la prise des congés, avec le passage de 3 à 2 semaines de fermeture collective ;
  • la baisse du prix des repas, de 5 € à 3,50 € ;
  • de nouvelles dispositions sur la mobilité et la qualité de vie au travail.
Ces mesures répondent aux préoccupations exprimées par les salariés et leurs syndicats depuis plusieurs mois.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

La signature de cet accord confirme la conviction FO que le dialogue et la négociation sont les seuls outils capables de transformer durablement les revendications en droits.

Le rapport de force et la grève sont parfois nécessaires quand la Direction laisse la porte fermée. Mais, une fois cette porte entrouverte, ce sont la négociation et la signature d’accords qui permettent de construire un compromis, de sécuriser les avancées et de sortir durablement du conflit.

Nous regrettons que la Direction ait attendu pour réunir les conditions d’un véritable compromis, malgré les alertes.

Les revendications étaient connues. Le mécontentement était profond et parfaitement identifié.

Nous regrettons également que certaines organisations aient trop longtemps préféré entretenir l’affrontement, refuser la recherche de compromis, condamner et menacer ceux qui avaient choisi de continuer à négocier.

La pluralité syndicale est utile. Signer un accord, le juger insuffisant ou poursuivre la mobilisation sont des choix qui doivent pouvoir être débattus.

Mais le dogmatisme commence lorsque toute divergence est condamnée et que l’idéologie prime sur l’avenir des salariés.

Un bilan social et humain lourd

Cet accord signé n’efface ni les semaines de conflit ni les erreurs commises. Il valorise la mobilisation des salariés espagnols et le dialogue, qui ont permis de transformer leurs attentes en accord.

Mais il démontre aussi qu’ aucune crise sociale ne trouve d’issue durable dans l’intimidation ou la confrontation permanente.

Ce conflit révèle un véritable gâchis social et humain, presque un mois de salaire sacrifié pour les salariés afin d’arracher ce qu’un dialogue responsable aurait dû permettre d’obtenir sans frais.

Le bilan reste lourd : des familles durement pénalisées, des salariés éprouvés et une entreprise dont la crédibilité sociale ressort profondément affaiblie.

Un compromis n’est jamais la victoire totale d’un camp sur un autre. Il est le point d’équilibre trouvé lorsque chacun accepte d’avancer, de négocier et de prendre ses responsabilités.

FO continuera donc de soutenir et de défendre, partout dans Airbus, un dialogue social exigeant, loyal et respectueux.

Ce dialogue social doit retrouver toute sa place, et en France, c’est maintenant !

Parce qu’entre deux eaux, le seul courant qui conduise quelque part reste celui du dialogue.




FO Airbus Espagne - Conflit Espagne2 retour du dialogue social