Texte rédigé par notre Fédération FO de la Métallurgie
Un programme au cœur de la souveraineté européenne
Dans un contexte de recomposition de l’ordre mondial, marqué notamment par l’évolution de la trajectoire des États-Unis, le programme IRIS² est apparu comme l’un des symboles d’une souveraineté continentale en construction.
Le climat de tension persistant autour du SCAF trouverait-il aujourd’hui un nouveau terrain d’expression dans les divergences entre la France et l’Allemagne ?
Un désaccord révélateur de dynamiques plus profondes
Dans une situation miroir, c’est le projet IRIS² qui est désormais au centre d’un désaccord. Mais une analyse dépassionnée peut conduire à une lecture différente de celle d’un simple désaccord de solutions.
L’Allemagne a fait le choix de sécuriser une capacité nationale de communication satellitaire à usage prioritairement militaire. Ce choix est souverain.
La question se pose donc :
S’agit-il d’une volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne capacitaire, du financement à l’exploitation, ou faut-il y voir l’expression d’une limite du modèle IRIS² ?
Une décision politique assumée
L’accent mis par l’Allemagne sur la sécurité et sur un financement intégral montre qu’une capacité à vocation militaire relève d’une décision politique.
Ce constat met donc en évidence une difficulté plus large :
L’Europe politique affiche des ambitions en matière de défense, mais n’arrive pas à les traduire en engagements cohérents.
Un écart de modèle préoccupant
Pour preuve, l’Allemagne engage à elle seule un effort de l’ordre de 10 milliards d’euros pour sa constellation militaire, là où IRIS² repose sur un assemblage d’acteurs publics et privés pour un montant comparable.
Cet écart interroge.
Il limite la capacité d’IRIS² à s’imposer comme solution centrale et réduit sa portée dans le domaine militaire.
Vers une fragmentation des capacités ?
Dans ces conditions d’investissement, l’Allemagne se limitera-t-elle à un usage militaire, alors même que des usages générateurs de revenus sont possibles ?
La stratégie de sécurité spatiale allemande de septembre 2025 n’apporte pas d’éléments de réponse.
Si cette évolution se confirme, IRIS² conduira à l’émergence d’une capacité supplémentaire.
Faute d’un financement à la hauteur d’une ambition de défense, un projet conçu pour structurer une réponse européenne à vocation duale laissera place à une concurrence d’origine nationale.
Position FO : agir sur le modèle de financement
Pour FO, il appartient donc à la France de soutenir la redéfinition du financement et du modèle de programme IRIS² auprès des instances européennes, afin que ce programme puisse démontrer qu’une Europe du spatial de défense existe et prévenir les effets d’un échec qui ouvrirait des opportunités à d’autre acteurs au-delà des frontières du continent.
C’est La condition d’un sursaut vital pour Iris2