À Montigny-le-Bretonneux comme à Élancourt, la modernisation des infrastructures doit se traduire par des améliorations concrètes des conditions de travail. Retrouvez les avis FO exprimés dans les différentes entités concernées.
CGP : un projet, deux sites
Le projet Campus Grand Paris repose sur deux volets : l’installation d’une partie des salariés sur le nouveau site de Montigny-le-Bretonneux et la rénovation des bâtiments L et M à Élancourt pour les salariés qui y resteront.
À Montigny-le-Bretonneux
Le nouveau site doit accueillir les salariés dans un environnement modernisé. Le recours au flex-office, hors zones S, les espaces collectifs, les déplacements et l’accès au site soulèvent des enjeux concrets pour l’organisation du travail.
À Élancourt
La rénovation des bâtiments L et M doit répondre aux difficultés rencontrées et garantir des conditions de travail de qualité. La visibilité sur les travaux et le maintien des services collectifs sont essentiels pour les salariés qui resteront sur place.
Pour FO, ces deux volets doivent répondre à une même exigence : préserver la santé des salariés, leur donner les moyens de bien travailler et les associer aux décisions qui concernent leur quotidien.
Les avis ci-dessous portent les demandes de FO dans chaque entité, en tenant compte de leurs périmètres et de leurs situations.
Les avis FO
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Avis FO — Airbus Defence and Space (ADS)
Avis syndical FO Airbus DS RP sur les conditions de travail du projet Campus Grand Paris (CGP)
Dans le cadre du projet Campus Grand Paris, nous sommes consultés sur les conditions de travail prévues sur le nouveau site de Montigny-le-Bretonneux et dans les bâtiments L et M à Élancourt, ainsi que sur leurs conséquences potentielles en matière de santé, de sécurité, de conditions de travail et d'environnement.
FO tient à remercier l'ensemble des acteurs intervenus en CSE-E, internes comme externes. Nous avons apprécié la qualité des informations communiquées par l'équipe projet, les analyses des cabinets Umanove et Cassiopé, ainsi que le dialogue social avec la direction (RH, SPIR et direction d'établissement) qui a accompagné cette consultation en séance.
Si FO ne conteste pas la nécessité de moderniser nos infrastructures et de préparer l'avenir industriel de nos activités, elle considère néanmoins que la qualité d'un environnement de travail ne se mesure pas uniquement à la modernité des bâtiments, à leurs performances environnementales ou à l'optimisation des surfaces.
Cette qualité se mesure avant tout à la capacité des salariés à exercer leurs missions dans de bonnes conditions, à coopérer, à se concentrer, à préserver leur santé et à disposer des moyens nécessaires à leur activité. Pour FO, ces investissements doivent donc s'accompagner d'engagements concrets et durables de la part d'Airbus en matière de conditions de travail, de santé, de sécurité et de prévention des risques psychosociaux.
Ces engagements doivent notamment se traduire par la poursuite de la démarche d'information initiée lors des récents Airbus Live. Ces échanges doivent rester réguliers et transparents afin de permettre aux salariés de suivre les évolutions du projet.
Mais informer ne suffit pas. Il est également indispensable d'écouter et d'impliquer les salariés dans les décisions concernant leur futur environnement de travail. Cette démarche, préconisée par les expertises, doit permettre aux salariés de Montigny de participer à la définition de leurs futures conditions de travail et à ceux d'Élancourt de suivre l'avancement des travaux.
Concernant les conditions de travail sur le site d'Élancourt
Depuis le lancement du projet CGP, il s'agit d'une ligne rouge pour FO : il ne doit subsister aucune différence de traitement en matière de conditions de travail entre les salariés rejoignant le futur site de Montigny-le-Bretonneux et ceux restant à Élancourt. D'autant que ces derniers connaissent depuis plusieurs années des difficultés liées à l'état des infrastructures, notamment en matière de climatisation, de chauffage et d'étanchéité.
FO prend acte de l'engagement d'Airbus sur un programme de rénovation défini et budgété, et demande la plus grande transparence sur l'ensemble des échéances ainsi que sur les modalités de suivi de sa réalisation.
Nous demandons également une visibilité sur le maintien et l'évolution des services collectifs : restauration, service de prévention et de santé au travail, espaces CSE, transports et autres services indispensables à la vie du site.
Concernant les conditions de travail sur le futur site de Montigny-le-Bretonneux
Airbus a acté une transformation majeure de l'organisation du travail en recourant au flex-office sur le futur site, à l'exception des salariés travaillant en zone S. La littérature scientifique montre que le flex-office peut favoriser les interactions entre collègues, mais aussi accroître les exigences du travail et, selon les aménagements, nuire à la concentration et à la confidentialité. Ses effets sur la satisfaction, la santé et la performance des salariés sont variables, ce qui rend essentiels leur implication dans le projet et un accompagnement organisationnel adapté.
La possibilité pour une équipe de se réunir, de travailler collectivement ou de disposer des espaces nécessaires ne doit pas devenir une difficulté quotidienne. Les salariés nécessitant des aménagements spécifiques doivent également bénéficier de postes adaptés et accessibles.
Pour FO, Airbus doit s'engager à garantir le ratio de 70 postes pour 100 salariés comme un seuil minimal de capacité d'accueil, et non comme un objectif d'optimisation à la baisse. Cet engagement doit s'inscrire dans la durée et permettre une adaptation à la hausse lorsque les besoins opérationnels, les situations de présence simultanée ou l'évolution des effectifs le nécessitent.
Concernant les zones S, FO souhaite que les conséquences des directives énoncées par les autorités de tutelle soient évaluées avec un groupe d’utilisateurs témoins en amont de leur mise en œuvre, afin de veiller à la cohérence entre les nouvelles orientations et la qualité de l'environnement de travail des salariés.
Le déplacement vers Montigny-le-Bretonneux modifiera les trajets quotidiens d'une partie des salariés. Si la proximité de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines présente des avantages, elle ne répond pas à toutes les situations, notamment pour les salariés résidant à l'ouest du territoire ou soumis à des contraintes professionnelles particulières. Le temps de trajet, la fatigue et les difficultés d'accès au lieu de travail participent directement aux conditions de travail et à l'équilibre de vie des salariés. FO demande qu'une mise à jour de l'étude d'impact sur les trajets domicile-travail soit réalisée suffisamment près de la date du déménagement, afin d'actualiser les difficultés prévisibles et de prévoir les mesures correctives nécessaires, notamment concernant le stationnement. À ce titre, FO regrette la décision d'exclure nos partenaires de l'accès au parking. Nous demandons que cette restriction soit levée dès que possible, une fois la situation stabilisée après l'emménagement.
Concernant les risques psychosociaux
Le projet Campus Grand Paris intervient dans un contexte de transformations industrielles et organisationnelles profondes. Les salariés connaissent déjà une période d'incertitude concernant leurs activités, leurs organisations et, pour certains, leur avenir professionnel.
Les risques psychosociaux sont aussi le produit de l'organisation du travail. Leur prévention relève donc pleinement de la responsabilité de l'employeur.
FO demande qu'Airbus prenne des engagements précis et vérifiables en matière de prévention, en s'appuyant sur les recommandations des expertises, la participation des salariés et de leurs représentants, ainsi que sur une évaluation régulière des conséquences du projet.
Ces engagements doivent se traduire par l'identification et l'évaluation des risques dans le DUERP, ainsi que par la définition de mesures de prévention concrètes dans le PAPRIPACT, assorties de moyens, d'échéances et d'indicateurs permettant d'en suivre l'efficacité.
Avis de FO Airbus DS RP
En conséquence, FO Airbus DS RP émet un avis syndical favorable assorti des réserves exprimées ci-dessus.
FO considère que le temps qui nous sépare de la mise en œuvre du projet doit être pleinement utilisé pour rechercher, dans un dialogue social exigeant et constructif, des solutions conciliant les besoins des salariés et les impératifs industriels.
Avis FO — Airbus CyberSecurity
CSE du 29 octobre 2026
Avis FO sur les conditions de travail du CGP
Nous sommes consultés aujourd’hui pour rendre un avis relatif aux conditions de travail sur le nouveau site de Montigny le Bretonneux dans le cadre du « Projet Campus Grand Paris » et ses conséquences potentielles en matière de santé, sécurité et des conditions de travail ainsi que ses conséquences environnementales.
Cette consultation fait suite à la restitution de l’expertise réalisée par Cassiopé et au rapport d’audit UMANOV.
Le présent avis est rendu uniquement sur le périmètre de Montigny le Bretonneux qui concerne les salariés cyber.
Pour les aspects enthousiasmants du projet, il apparaît clairement que le fait de s’installer dans un environnement neuf est attendu et que les salariés n’auront plus à subir les désagréments liés au site actuel (sanitaires, fuites, isolation etc.).
Un nouveau datacenter, climatisé, améliorera le travail au quotidien de nos collaborateurs évitant ainsi coupures intempestives et stress.
Par ailleurs, le nouveau site est proche de la gare de Saint Quentin en Yvelines, facilitant la venue des employés en transport en commun et permettra une meilleure attractivité. En effet, cet emplacement est plus accessible et bénéficie de structures (loisirs, sportives) et d’aménagements aux alentours.
Le site sera entièrement détenu par Airbus ce qui renforcera notre position au sein du groupe.
Malgré tout, le constat sur le terrain est le suivant :
- FO estime, à l’instar des rapports d’expertise, que les salariés disposent d’informations mais que celles-ci restent souvent contradictoires ou toujours en construction, exemple :
- Pour la zone S, obligation de déposer son téléphone portable dans un casier ;
- Refonte/modification du Gsite, point central de collecte d’informations, toujours en cours.
- Beaucoup d’incertitudes demeurent parmi les salariés et de nombreuses questions restent encore sans réponses :
- Appréhension dans la mise en place du flex office : de nombreux salariés qui sont régulièrement en réunion craignent d’un dérangement acoustique et se demandent quelle organisation sera mise en place pour pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles ;
- La confidentialité des échanges pourrait être problématique dans un environnement collectif, en particulier pour les managers (dev talk, entretiens etc.) et la direction (ressources humaines, relations sociales, CEO etc.) ;
- Les managers se demandent encore comment ils vont pouvoir gérer leurs équipes ;
- Les déplacements entre la plateforme S et la zone flex office pourraient ne pas favoriser les échanges, la réactivité et mettre à mal la cohésion de la société ;
- Le dimensionnement des places en zone flex office estimé nous semble à risque par exemple, des salariés se retrouvant sans place ;
- Une fois le déménagement fait, FO demande que des indicateurs de suivi soient mis en place et présentés régulièrement en CSE ;
- Des zones d’ombres subsistent autour de la mobilité/accessibilité :
- Le nombre de places de parking estimé sera surement insuffisant lors des jours de grève des transports en commun, conditions météorologiques etc. ;
- Par ailleurs, FO demande qu’une solution soit trouvée pour les places de parking des prestataires ;
- Le nombre de douches disponibles vs le nombre de places de vélo paraît sous dimensionné. Cela peut donc ne pas inciter les employés à venir en vélo ;
- Il reste un travail à faire avec la commune de Montigny Le Bretonneux afin de sécuriser les accès pour les piétons (voie piéton / trottoirs) et les vélos (voie cyclable).
FO demande que les orientations et préconisations soumises par les cabinets d’expert soient mises en place et suivi dans le processus du dialogue social. Nous attendons de la Direction Cyber qu’elle veille à la bonne communication sur le projet dans les deux années restantes envers les salariés et auprès des représentants du personnel. Ces derniers suivront les actions mises en place et resteront disponibles pour échanger et trouver des solutions.
- FO sera attentif aux conséquences sur les conditions de travail des salariés. L’enjeu de ce déménagement est bien de monter en qualité sur les conditions. Le suivi devra également continuer après le déménagement pour s’assurer du bien être des salariés.
Sous réserve que l’ensemble de ces points soient effectivement pris en compte, FO émet un avis favorable aux conditions de travail du nouveau site de Montigny le Bretonneux dans le cadre du « Projet Campus Grand Paris ».
Avis FO — SLC / PSS
Avis FO SLC sur le projet Campus Grand Paris (CGP)
Les représentants du personnel FO tiennent à remercier le cabinet CASSIOPEE pour la restitution de son expertise sur les impacts du projet Campus Grand Paris lors de la réunion du 30 Septembre 2026.
Au vu des objectifs stratégiques de ce projet, notre organisation émet un AVIS FAVORABLE sur le principe de ce déménagement.
Cependant, cet avis est conditionné à la prise en compte effective et au suivi rigoureux des préconisations issues de l’expertise, indispensables pour garantir la santé, la sécurité, la confidentialité et les conditions de travail de l'ensemble des salariés, et plus particulièrement des équipes SLC, pour préserver leur efficacité et la cohésion des collectifs.
Notre avis favorable repose sur la mise en œuvre des accompagnements et ajustements suivants :
1. Garantir la confidentialité et l'efficacité opérationnelle.
Le passage au Flex office ne doit pas se faire au détriment de la capacité de travail. Nous exigeons :
- La sécurisation des espaces de confidentialité : Le risque de report d'échanges ou de difficulté à traiter des sujets sensibles est réel. Nous demandons à ce que le nombre d’espaces qui garantissent la confidentialité soit garanti.
- Le soutien au rôle de régulation des managers : Les managers sont le pilier de ce changement. Pour éviter l'éclatement des repères de régulation, le projet doit garantir des conditions permettant aux managers de maintenir leur visibilité et leur capacité à détecter les signaux faibles (espaces de proximité, règles de présence collective).
2. Conception des espaces basée sur la réalité des métiers.
Nous refusons une approche purement comptable de la surface par salarié. L'aménagement doit respecter la réalité technique des fonctions :
- L'adéquation poste/activité : La distribution des espaces doit impérativement tenir compte de la diversité des équipements (écrans multiples, accès laboratoires, réseaux spécifiques).
- La préservation des écosystèmes de travail : La proximité physique ne doit pas être sacrifiée sur l'autel de l'optimisation spatiale. Les flux de travail et les coopérations transversales doivent dicter l'implantation des services et non l'inverse.
3. Un modèle de Flex Office agile et monitoré.
Le Flex office ne doit pas être un état figé, mais un modèle en apprentissage. Nous demandons :
- Un dimensionnement réaliste : Compte tenu des projections du nombre de salariés SLC et du taux de présence attendu, le risque de saturation est critique.
- Un dispositif de suivi et une clause de revoyure : Nous exigeons la mise en place d'indicateurs d'usage (occupation, saturation, bruit) et la tenue de bilans à 3, 6 et 12 mois. Une clause de revoyure devra être inscrite au projet pour permettre d'ajuster le modèle (nombre de postes, règles de rangement, espaces de repli) si les indicateurs montrent une dégradation de la QVCT.
4. Pilotage de la mobilité et accessibilité.
Le positionnement excentré du bâtiment destiné à SLC fait craindre un impact important sur les déplacements internes, notamment pour les salariés à mobilité réduite (PMR) devant rejoindre les espaces communs situés à l’autre extrémité du site.
Par ailleurs, le succès du déménagement dépend de la capacité des salariés à rejoindre le site. Nous demandons :
- La cohérence entre stationnement et modes de transport : La réduction de la part automobile est un objectif nécessaire mais qui ne peut être subi. Un plan de mobilité robuste, cohérent avec la politique de télétravail et incluant des leviers concrets (transports collectifs, cyclable, covoiturage), doit être déployé.
- Le suivi de la saturation des parkings : Un pilotage fin est nécessaire pour éviter toute frustration liée à l'accès au site, notamment pour les prestataires et les salariés non-automobilistes.
En résumé, FO soutient la dynamique de ce projet de déménagement, mais conditionne son avis favorable à la transformation de ces préconisations en engagements contractuels et opérationnels.
La réussite de ce projet ne se mesurera pas à la livraison des bâtiments, mais à la capacité des salariés à y travailler avec efficacité, sérénité et confidentialité.


