[Toulouse] Airbus Commercial - un accord hors norme

Rédigé le 12/10/2020
Gregory Vernon

Vendredi 2 octobre, seul FO refusait de signer l’Accord APLD.

Notre revendication n’est pas l’activité partielle coûte que coûte, mais bien la protection de vos contrats de travail à TOUS !

C’est pour cette raison que FO n’a pas pu se positionner sur la consultation concernant le périmètre d’application lors de la réunion du CSE-C du vendredi 2 octobre, a fortiori sans disposer du texte final des accords et sans avoir cette garantie sur la préservation de vos emplois.

Quel impact pour les salariés et quelles avancées aujourd’hui ?

Pour l’ensemble des salariés qui ne seront pas concernés par ce dispositif l’impact était, et restera bien entendu, totalement nul (⅔ d’Airbus), à condition bien sûr que le risque de licenciements contraints soit définitivement exclu.

Pour les salariés dont le périmètre d’activité sera inscrit dans l’accord APLD, l’impact sera de plusieurs ordres :

Les points positifs :

L’ensemble de ces périmètres seront exclus du PSE et seront protégés contre les licenciements. 

Après négociations, l’augmentation du périmètre d’application permettra de sauvegarder 400 postes supplémentaires, soit un total de 1500 postes.

  • Si la revendication FO sur ce sujet était que l’ensemble des salariés Airbus soient protégés par cet accord, pour nous ce chiffre est acceptable à condition que le risque de licenciement contraint soit NUL.

Les autres points :

Vendredi 2 octobre, à l’heure de la consultation des instances représentatives, la direction restait sur son objectif d’imposer une rémunération de 84% du salaire net.

  • Sur ce sujet, FO revendiquait que la solidarité entre les salariés soit mise en place.

Nous pouvons aujourd’hui nous engager sur ce point, une négociation définira, dès le mois prochain, le niveau et la méthode pour y parvenir et une compensation sera mise en place !

Le texte prévoyait également l’annulation de l’accord signé par FO sur le “management en production” et n’apportait pas de garantie sur le maintien des avantages de l’accord sur le “badgeage en bleu”.

Pour FO il n’était pas envisageable de remettre en cause ces accords de progrès social : 

  • Ils seront adaptés à la nouvelle organisation du travail ;
  • des jours de récupérations seront attribués en compensation ;
  • les 6 min de capitalisation en temps incluses dans l’accord sur le “badgeage en bleu” seront conservées, les 14 min rémunérées également ;
  • deux jours de congés seront attribués pour les salariés soumis à l’Horaire Variable ;
  • 6 jours de congés seront attribués pour les salariés soumis à l’accord sur le “management en production”.

Pour les forfaits :

  • La possibilité de décompter les heures de récupération du temps de travail réalisées au-delà de 30 heures, n’était plus possible dans le cadre de l’APLD.
  • Le temps de travail sera abaissé à 30h00, malgré tout, le nombre d’heures que l’on pratique systématiquement au-delà du forfait “normal” pour les besoins de notre production ou de nos clients, ne pouvait plus être récupéré.
  • FO a obtenu également une compensation en jours ;
  • 4 jours au premier janvier plus deux jours sur validation de la hiérarchie.

Vendredi 2 octobre, la capitalisation de la semaine d’ACT était supprimée et une période d’APLD pouvait être envisagée semaine 52 au choix du secteur et de la hiérarchie.

  • FO a obtenu que cette semaine de récupération à laquelle vous êtes tous très attachés, soit chômée par accord et ce pour l’ensemble des salariés soumis à l’APLD !

Loin de toutes considérations politiques ou dogmatiques, FO est convaincu que les salariés en APLD, sans ces évolutions, auraient cotisés à prix fort la garantie de l’emploi.

Nous considérons à FO, qu’Airbus traitait ainsi la compétitivité de façon totalement inappropriée alors que pour nous elle est un élément incontournable pour la pérennité de nos entreprises et de nos emplois.

En effet, La compétitivité se construit autour d’un projet industriel commercial ou financier, pour supporter le développement et l’assise d’une entreprise au travers de ses produits et services, en s’assurant de l’adéquation du couple produits/marchés pour ses clients.

FO n’a jamais refusé les discussions autour de ce sujet, mais pas au profit de reculs sociaux !

La revendication FO concernant l’embauche des jeunes de nos lycées et des alternants a finalement abouti. C’est le résultat de notre combat !

Concernant la formation, nous continuons de travailler sur la modification de la loi, qui pourrait permettre de façon volontaire, d’utiliser les budgets individuels de formation. Enfin, nos accords allongent la période de départs volontaires. Ils intègrent deux points de passage au cours du premier trimestre 2021.

Ces points de passage nous permettront de vérifier l’avancement du nombre des départs volontaires, pour trouver si nécessaire fin mars, les moyens de garantir vos emplois par des mesures complémentaires.

Tout ce travail réalisé depuis maintenant quatre mois au service de TOUS, vous apporte la garantie que vos emplois seront sauvés et qu’AIRBUS ne tombera pas dans la facilité des départs contraints, ni dans l’utilisation inappropriée des APC !

FO n’est pas le syndicat des ouvriers.
FO n’est pas le syndicat des techniciens.
FO n’est pas le syndicat des ingénieurs ou des cadres.

FO est le syndicat de tout Airbus !

Nous nous engageons à défendre sans aucune distinction de catégorie, l’ensemble des salariés d’Airbus, à garantir l’emploi de tous et de la façon la plus équitable et la plus solidaire possible.

FO est le garant de ce modèle social qui a fait ses preuves !

La solidarité est notre credo, notre croyance profonde.

Diviser les salariés ne permet pas de mieux régner, mais bien au contraire, elle est un frein évident à la compétitivité.

Nous ne croyons pas au catégoriel, aux différences, à la division, à l’opportunisme, nous ne croyons pas à un AIRBUS à deux vitesses !

La baisse motivation est grande parmi les salariés, beaucoup ne se reconnaissent plus dans cet Airbus.
Loin d’être un message politique ou syndical, c’est votre réalité, ce  sont vos mots, qui raisonnent un peu plus forts chaque jour dans nos bureaux et dans nos ateliers !
Nous appelons nos dirigeants à réagir et à remettre l’humain au centre de toutes les décisions à venir. Nous les appelons à respecter chacun d’entre nous pour notre engagement au service d’AIRBUS.

AIRBUS n’est pas une entreprise comme les autres, AIRBUS est né de la volonté politique de ses pays fondateurs.
AIRBUS a changé, il s’est ouvert à la mondialisation, mais AIRBUS doit garder cette mission de souveraineté européenne ! Non seulement sur le plan technologique et industriel, mais aussi et surtout sur le plan social !

FO est le syndicat de cet AIRBUS-là !
 



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