Nouvelle Convention : le temps de travail

Rédigé le 08/02/2022
Gregory Vernon

Le temps de travail

Le temps de travail est un sujet si sensible qu'il a nécessité plus de douze séances de négociations. FO a pu obtenir des avancées significatives sur le paiement des astreintes, la rémunération du temps d'habillage et de déshabillage ou encore sur le maintien du compte épargne temps et de la majoration des heures de nuit. Mais l'essentiel de la négociation portait sur les heures supplémentaires et le contingent d'heures supplémentaires.

Et voilà, ce que nous avons obtenu. 

En ce qui concerne le contingent annuel d'heures supplémentaires, c'est-à-dire le seuil limite au-delà duquel toute heure travaillée donne droit à un repos. Il est fixé à 220 heures par an en régime normal et à 175 heures pour les salariés en temps de travail annualisé. L'UIMM voulait l'augmenter de 100 heures par an, nous avons obtenu qu'ils ne soit augmenté que de 80 heures sur deux ans avec en plus une compensation financière additionnelle de 25 points.

Prenons l'exemple d'une salariée dont le temps de travail n'est pas annualisé : 

Danielle a effectué 220 heures supplémentaires au 31 mai 2024.

 >> Elle a donc atteint le plafond annuel.

La semaine du 1er au 7 juin, Danielle a ensuite effectué dix nouvelles heures supplémentaires,

>> ces huit premières heures seront payées plus 50 % au lieu de 25 % et les deux heures suivantes plus 75 % au lieu de 50 %.

La majoration des heures supplémentaires restant calculé sur une base hebdomadaire, ce principe sera appliqué jusqu'à ce que Danielle effectue les 80 heures supplémentaires prévues par le contingent additionnel.

Au-delà, chacune de ces heures de travail supplémentaires sera à nouveau compensée par une heure de repos en plus d'une majoration identique à celle du premier contingent soit + 25 % pour les huit premières heures et 50 % pour les suivantes.

Ce qu'il faut également savoir, c'est qu'au début de la négociation l'UIMM souhaitait baisser à 10 % la majoration des heures supplémentaires mais nous nous y sommes fermement opposés et nous avons obtenu gain de cause.

Nous sommes conscients que les entreprises françaises subissent parfois une concurrence féroce et nous souhaitons nous aussi agir pour préserver sur notre territoire un secteur industriel riche en emplois. Mais, nous refusons la logique patronale qui fait du coût du travail l'unique levier de la compétitivité.