Vaccination en entreprise contre la Covid-19 : pour qui ? MAJ

Rédigé le 15/03/2021
Gregory Vernon

Mise à jour

Lundi 15 mars : Le vaccin AstraZeneca suspendu en France par le Président Emmanuel Macron le temps d'y voir plus clair sur les réecents effets indésirables apparus.

 

Jeudi 11 mars : Probable démarrage de la vaccination à Airbus Defece and Space Elancourt semaine 12. Il appartiendra aux salariés de se faire connaître.


L'Ordonnance n° 2020-1502 du 2 décembre 2020 adaptant les conditions d'exercice des missions des services de santé au travail à l'urgence sanitaire, prévoit selon l'article 1er alinéa 3° que le service de santé peut participer aux actions de dépistage et de vaccination définies par l'Etat. Or, jusqu'à présent l'Etat n'avait rien défini. 

Le calendrier semble s'accèlèrer puisque la Direction Générale du Travail (DGT) a informé les médecins de travail qu'ils pourraient, dès le jeudi 25 février, lancer une campagne de vaccination pour une première catégorie de salariés. 

Quel vaccin et pour qui ?

Le vaccin utilisé serait celui fabriqué par le laboratoire AstraZeneca et les personnes concernés celles agées entre  50 à 64 ans ET atteintes de "comorbidité" (hypertension compliquée, diabète non équilibré, obésité, cancers sous traitement * lire plus bas). Ce qui représente environ 8 millions de salariés (selon l'Insee).

La vaccination repose sur du volontariat, ne peut être contrainte et est encadré par le secret médical. Ce qui veut dire qu'une fois vacciné, l'employeur ne peut vous demander une présence physique renforcée ou obligatoire sur le lieu de travail. De même, ne pourra prendre "aucune décision d'inaptitude en cas de refus" a précisé la DGT dans son communiqué. Face à la pandémie, le recours au télétravail reste de mise. Tous les axes de prévention doivent être maintenus d'autant qu'une période est nécessaire pour être protégé par le vaccin et qu'il y a un nombre de dose à injecter.

En attendant le "feu vert" de la Direction du groupe, le service de santé d'Elancourt a fait savoir  qu'il était favorable pour vacciner.  Nous ne savons pas encore comment il faudra prendre rendez-vous sauf à dire que la convocation individuelle ne pourra être "transmise sous couvert ni du chef d'entreprise", ni des Ressources Humaines ou du management.  Le choix restant à votre initiative.

Quid des doses ?

Reste la question concernant la disponibilité des doses notamment avec le constat de - 800000 doses livrées à la France pour février par le laboratoire AstraZeneca. Il est difficile de s'approvisionner et d'avoir une visibilité sur les stocks et ce quelque soit le fabricant.

Les médecins du travail auraient reçu comme consigne de se signaler auprès d'une pharmacie de leur choix pour commander le nombre de doses nécessaires à chaque semaine. Selon, différents médias comme le journal Le Monde, la livraison maximale prévue serait d'un flacon de 10 doses pour celui d'AstraZeneca pour cette semaine (22 février) "puis 2 ou 3 flacons pour la semaine suivante". Sur la base de ces chiffres, le nombre de rendez-vous serait donc de 10 la première semaine pour monter rapidement jusqu'à 30. Sachant qu'une fois le flacon reçu, le médecin du travail disposera de 6 heures pour vacciner les 10 personnes par flacon (tenu à température ambiante). Ce délai pourra être porté à 48 heures si le flacon peut être conservé entre 2 et 8° celsius, ce qui est possible, car nous bénéficions d'une structure tel que le service médical à Elancourt.

En attandant, pour celles et ceux concernés, il convient déjà de réfléchir à la tenue vestimentaire que vous porterez et de ce que vous voudrez montrer ou pas de votre nudité lors de l'injection intramusculaire :)


Quelle fiabilité pour ce vaccin ?

Selon l'agence européenne de médecine (EMA), les essais ont permis d'établir l'efficacité de la solution produite par AstraZeneca à 76% chez les 18-65 ans. Le nombre d'hospitalisations a été de 2 pour 12408 personnes ayant reçu le vaccin contre 22 sur 12104 personnes ayant reçu un placebo.

L'Ecosse qui pratique le même protocole de vaccination (priorité sur l'âge et la comorbidité) a révélé via Public Health Scotland  qu'àprès 4 semaines de la première injection, les hospitalisations des personnes agées de 80 ans et plus avaient diminué de 81% et de 94% tout âges confondus.

Enfin sur les effets indésirables, selon l'ANSM, la tolérance au vaccin d'AstraZeneca fait appraître pour 782 cas rapportés des syndromes pseudos grippaux ou fièvre et 261 cas rapportés de complications sévères ayant nécessités un arrêt de travail.

EMA : Résumé des caractéristiques du produit dispo ici  (pdf français)
Evaluation du vaccin par la Haute Autorité de Santé (HAS) : dispo ici  (pdf français)


Qui sont les salariés atteints de « comorbidité »

Une quinzaine de critères sont pris en compte pour qualifier la comorbidité des salariés qui pourront, dès le 25 février, demander à se faire vacciner par les services de santé au travail.

En voici la liste :

  • Pathologies cardio-vasculaires : hypertension artérielle (HTA) compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), antécédent d’accident vasculaire cérébral, antécédent de coronaropathie, antécédent de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • Diabète non équilibré ou compliqué ;
  • Pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d’une infection virale : broncho-pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • Obésité avec indice de masse corporelle (IMC) ≥ 30 ;
  • Cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • Cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • Immunodépression congénitale ou acquise ;
  • Syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;
  • Maladies du motoneurone, myasthénie grave, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, paralysie cérébrale, quadriplégie ou hémiplégie, tumeur maligne primitive cérébrale, maladie cérébelleuse progressive.
  • Cancers et maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
  • Maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ;
  • Personnes transplantées d’organes solides ;
  • Personnes transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
  • Poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ;
  • Certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste établie par les filières de santé des maladies rares) ;
  • Trisomie 21.