Tous au travail le 11 mai ?

Tous au travail le 11 mai ?

Rédigé le 29/04/2020
Gregory Vernon

Suite à l'allocution du 1er ministre Edouard Philippe, mardi 28 avril, devant l'Assemblée Nationale, un plan de déconfinement a été présenté et voté.
Qu'implique t-il sur la reprise des activités sur les sites de la région parisienne d'Airbus DS ?

Ce que nous savons

Les entreprises sont autorisées à réouvrir, tout en mettant en place les mesures de distanciations sociales, en continuant à privilégier le télétravail pour celles et ceux qui le peuvent et dans le cas contraire en mettant en place des horaires décalés.

Au niveau des transports en commun, la RATP devrait pouvoir assurer un service à hauteur de 70% à partir du 11 mai, notamment grâce aux lignes 1 et 14 qui sont automatisées.  
Le  port du masque sera obligatoire dans les transports publics. La région IDF annonce avoir investi massivement dans l'achat de masques (30 millions d'unités). Il faudra cependant prendre en compte les recommandations autour de l'usage du [g]masque, qui en préconisent 2 par jours.
Il sera possible de s'en procurer dans différents endroits (pharmacie, bureau de tabac, et grandes surfaces dès le 11 mai). Il n'y a pas de prix figé.
La DGA (Direction Générale de l'Armement) a mis en place 2 labels permettant de distinguer l'efficacité du masque notamment en terme de résistance après plusieurs lavages.

Le 1er ministre a également fait connaître la mise en place d'une nouvelle source d'information qui régulera notre quotidien. En effet, à partir de jeudi 30 avril, tous les soirs une carte représentative des départements sera présentée de manière bicolorisée. Chaque département se verra affublé d'une couleur matérialisant le degré de circulation du Covid-19. Vert en cas de circulation modérée et rouge en cas de circulation forte.

"La direction générale de la santé et Santé publique France ont établi trois ensembles de critères permettant d'identifier les départements où le déconfinement doit prendre une forme plus stricte", a indiqué le premier ministre.

Premier critère pris en compte : "Le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de sept jours." Si celui-ci reste élevé, le département concerné sera alors considéré comme une zone de transmission active. Deuxième critère : la tension des "capacités hospitalières régionales en réanimation". Troisième critère : le degré de préparation du "système local de tests et de détection des cas contacts".

La carte la plus attendue sera probablement celle du 7 mai, qui actera ou pas la levée du confinement. Edouard Philippe a en effet rappelé que le plan était sous réserve de l’évolution des indicateurs dans les jours à venir et de la continuité à respecter le confinement. 

Pour le reste, nous vous invitons à lire notre article paru après l'allocution "ce qu'il faut retenir".

Ce que nous ne savons pas

Concernant la dite carte, la direction générale de la santé et Santé publique France ne savent pas préciser quels seront les seuils chiffrés retenus pour apprécier ces critères, ni s'ils seront cumulatifs. Le Premier ministre a laissé penser que pour passer en "vert", un département devra rentrer "dans les clous" de ces trois critères. Si un seul d'entre eux n'était pas respecté, alors le département en question restera coloré en rouge.

De plus, il y a le département du lieu géographique d'exercice de l'activité et le lieu de résidence des salariés. Si hors de l'IDF, nous pouvons présager que les 2 lieux sont identiques, la différence sera notable pour nous, à commencer par une distinction entre le département abritant le site d'Elancourt de celui de Bezons. Et nous savons ô combien les salariés d'ADS peuvent résider dans le 92,91 et 75 voire même plus loin dans les 27,28,60, 45 et 77.

Concernant les bus et la SNCF, le taux de circulation n'est pas encore annoncé. Les informations devraient l'être rapidement.

 Ce que nous attendons

La cellule Covid-19 avec les élus doit se réunir jeudi 30 avril, nous espérons en savoir plus sur ce qui sera reconduit et ce qui sera nouvellement mis en place.
Il y a fort à parier que l'accent sur le télétravail sera maintenu, mais dans quelle proportion ? Le nombre de salariés qui pourra revenir sur le site en plus de ceux qui viennent déjà régulièrement sera sans doute modeste afin de pouvoir maintenir les mesures de distanciation et eu égard au fait que de nombreux sanitaires sont condamnés pour travaux. On attend également un assouplissement sur les équipes rouges/bleues (inversion des demi-journées ? à quelle fréquence ?). Quid de la restauration, de la fourniture des équipements individuels de protection (masques, gel hydroalcoolique), de l'assurance de maintenir les distances et les gestes qui nous préserveront d'une seconde vague ? Celle-ci étant annoncée par certains comme plus forte que la première et réduisant à néant tout le bénéfice du confinement.

A l'heure de la rédaction de cet article, des questions se posent Outre-Rhin. L'Allemagne a déjà commencé le déconfinement, mais la courbe d'infection repart à la hausse. Nous serions alors contraints de resubir cette isolement qui laissera par ailleurs des traces. Enfin, ce que nous ne pourrons prévoir, l'anxiété de certains salariés qui reste compréhensible ou à l'inverse le comportement négligeant d'une minorité qu'il faut hélas souligner et qui est incompréhensible au regard de la situation. 

Ce que nous demandons

Pour FO, le port du masque devrait être généralisé dans nos sites dès lors que le nombre de salariés présents augmente significativement. Des contrôles de température et des tests rapides à l'entrée des sites devraient être déployés afin de limiter la fameuse 2ème vague. FO est favorable à une reprise d'activité la plus normale possible pour garantir nos emplois et nos salaires mais à condition de garantir strictement la santé et la sécurité des salariés. Cela passe par le maintien des gestes barrière et le recours encore massif au télétravail.

A ce stade, le protégez-vous en restant le plus possible chez vous, reste une consigne pertinente.